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jeudi 15 décembre 2011

Trace vidéo d'une conférence en allemand à Berne (3 novembre 2011)

Thème de cette conférence: "Wie kann man destruktive Gewalt von konstruktiven Konflikten unterscheiden?" ou en français "Comment distinguer la violence destructive du conflit constructif?"

lundi 12 décembre 2011

"Raum für Demokratie" à Dresde

Préparation du projet : "Raum für Demokratie" (un espace pour la démocratie) dans la ville de Dresde et préparation de forums démocratiques à l'occasion du rassemblement national des néo-nazis à Dresde le 13 février. Je rencontre le Maire de Dresde le 12 janvier.

L'écoute véritable


On croit souvent que les êtres humains ont besoin, pour mieux vivre ensemble, d’apprendre à communiquer et à écouter.

Dans ce monde trop souvent régi par la technique, on veut nous apprendre des techniques de communication et d’écoute avec  l’idée fallacieuse que ces techniques vont  suffire à nous aider à dépasser les conflits et les malentendus si fréquents dans les familles et les organisations.

Mon expérience m’a montré qu’il s’agissait au pire d’une illusion, au mieux d’une solution superficielle à nos maux relationnels.

L’être humain est capable d’écoute et de communication. Ces qualités font partie de sa nature et elles existent en lui dès le plus jeune âge.  Malheureusement, les blessures que nous infligent la vie familiale et la vie sociale créent en nous d’invisibles barrières à l’empathie et à la compassion.

Mais, certains diront que nous ne sommes pas tous des êtres blessés par la vie. Je constate le contraire partout où je vais, partout où je suis à l’écoute de la violence. Humiliations, abandons, culpabilisation, maltraitances, à des degrés divers évidemment, ont été notre lot dans notre famille et dans notre vie sociale. Nous avons appris à nous protéger de ces blessures en élevant à notre tour des barrières face aux autres, faites de masques, de silences ou d’agressions plus ou moins subtiles.

A la fin d’un atelier sur la violence et la coopération que j’ai animé à l’université de Dresde en Allemagne, les participants ont voulu partager à l’ensemble des étudiants réunis pour l’anniversaire de l’université un placard où était écrit : « Qui de nous n’a pas subi cette violence » !   Professeurs et  étudiants,  allemands, tchèques, lithuaniens, russes  ont reconnu qu’ils avaient en commun cette expérience et cette difficulté à être en lien. 

La violence subie et rendue à soi-même ou aux autres est le seul et véritable obstacle à la communication et à la compréhension empathique. Malheureusement, nous sommes rarement conscients de cette violence qui nous habite et de l’impact qu’elle a sur nos difficultés relationnelles. 

L’écoute véritable dont nous avons besoin consisterait à la prise de conscience du caractère inséparable de nos blessures et des agressions , souvent  subtiles et invisibles que nous faisons subir aux autres, en particulier aux proches que nous souhaitons aimer. La fraternité humaine, si indispensable dans cette période de crise que nous traversons, est à ce prix : nous devons comprendre  les obstacles émotionnels qui empêchent un lien authentique avec les autres et favorisent au contraire, violences et conflits destructeurs.

jeudi 1 décembre 2011

Initiation à la Thérapie Sociale sur l'Ile de la Réunion

Formation Thérapie Sociale de 5 jours à Saint-Denis sur l'Ile de la Reunion: 
les 24 et 25 mai + du 28 au 30 mai 2012 inclus. 
Renseignement et inscription auprès de l'IPSIDEM 

mercredi 9 novembre 2011

Nouvelles formations de Thérapie Sociale de 5 jours

Quatre nouvelles formations d'initiation à la Thérapie Sociale (formations "introduction") sont mises en place en France à Toulouse, Rennes, Lyon et Dijon. Il reste des places si vous souhaitez vous inscrire !

Les dates:

Toulouse:  du 24 février au 4 mars 2012

Rennes: du 2 au 6 mai 2012

Lyon: du 23 au 27 mai 2012

Dijon: du 30 mai au 3 juin 2012


Cliquez sur la ville pour télécharger le formulaire d'inscription souhaité

Toutes les infos sur la formation de 5 jours (programme, tarifs, etc.) ICI

lundi 7 novembre 2011

Jean Jaurès...actuel, non?

"Mais ce qu’il faut sauvegarder avant tout, ce qui est le bien inestimable conquis par l’homme à travers tous les préjugés, toutes les souffrances et tous les combats, c’est cette idée qu’il n’y a pas de vérité sacrée, c’est-à-dire interdite à la pleine investigation de l’homme ; c’est cette idée que ce qu’il y a de plus grand dans le monde, c’est la liberté souveraine de l’esprit; c’est cette idée qu’aucune puissance ou intérieure ou extérieure, aucun pouvoir et aucun dogme ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la raison humaine ; Cette idée que l’humanité dans l’univers est une grande commission d’enquête dont aucune intervention gouvernementale, aucune intrigue céleste ou terrestre ne doit jamais restreindre ou fausser les opérations ; cette idée que toute vérité qui ne vient pas de nous est un mensonge ; que jusque dans les adhésions que nous donnons, notre sens critique doit toujours rester en éveil et qu’une révolte secrète doit se mêler à toutes nos affirmations et à toutes nos pensées ; que si l’idée même de Dieu prenait une forme palpable, si Dieu lui-même se dressait, visible, sur les multitudes, le premier devoir de l’homme serait de refuser l’obéissance et de le traiter comme l’égal avec qui l’on discute, mais non comme le maître que l’on subit. JEAN JAURES

jeudi 3 novembre 2011

jeudi 13 octobre 2011

L'immense gâchis de notre potentiel démocratique


Insécurité ou sentiment d'insécurité ? De nombreux habitants de nos villes vivent dans une insécurité de fait, particulièrement dans les quartiers populaires. Leur parole a souvent été ramenée à un ressenti ou à un fantasme qui faisait douter de la réalité. Mais elle nest pas toujours pure imagination. Pour certains l'insécurité s'explique par la misère, le chômage et la relégation, pour d'autres par le laxisme des institutions face aux méfaits et exactions d' une partie de la population composée de sauvages et de barbares. Evidemment, ce manichéisme et ce refus de prendre en compte la complexité des situations et des relations ne permettent pas de trouver des solutions adéquates. Ces visions contribuent même à conforter le sentiment d'impuissance si répandu aujourdhui et qui est lui-même générateur de violences. Ces deux visions, l'une caritative, l'autre sécuritaire ont suscité la création de médecines d'urgence qui ne semblent pas améliorer la situation. L'insécurité augmente et avec elle, le sentiment d'insécurité et dimpuissance. Ces sentiments minent considérablement le « vivre ensemble » véritable fondement de notre république. En effet, le sentiment et la réalité de l'insécurité dune part, le sentiment et la réalité de limpuissance dautre part, sont à l'origine dun profond désintérêt pour la vie politique et d'un grandissant manque de confiance envers les élites et les responsables. Le citoyen ne se sent pas protégé ni même écouté par ceux qui le gouvernent. Ceci crée un déficit démocratique ainsi qu'une sorte de vide spirituel et culturel le laissant sans protection face aux tentations sectaires, communautaires et maffieuses.
 
Ce constat peut être discuté quand on voit la médiatisation extrême de tous les faits, gestes et paroles des responsables politiques les plus en vue. Mais selon moi cet intérêt pour la politique est soit minoritaire, soit relève d'une peopolisation de la politique où le grand public suit avec une certaine passion les disputes et les empoignades à peu près de la même façon qu'il se passionne pour les exploits de nos équipes de football ou de rugby.
En réalité, une véritable démocratie aujourd'hui reste à recréer. Cela signifie qu'il va falloir développer une nouvelle éducation démocratique qui implique l'esprit critique, un sens de la responsabilité individuelle et une capacité au conflit. Ce potentiel démocratique existe assurément mais il est gâché par cette peopolisation de la vie politique et/ou par le manichéisme parfois factice des prises de position des responsables politiques qui ont besoin d'être élus et cherchent à plaire à leur clientèle. Ainsi le veut le système dit démocratique et la faiblesse humaine.

mercredi 31 août 2011

Mes conférences en France

Je donnerai d'autres conférences en France pour 2011: à Saint Denis (région parisienne), à Rennes et à Toulouse. Vous pouvez consulter les mises à jour et les infos ici

vendredi 12 août 2011

Conférence à Dresde (Allemagne) / Vortrag mit Charles Rojzman in Dresden

Conférence à Dresde (Allemagne) / Vortrag mit Charles Rojzman
Le 11 novembre 2011
"Gewalt oder Kooperation"
Technische Hochschule Dresden

jeudi 4 août 2011

Déni de réalité des "demi-savants"

Des hommes et des femmes parlent aisément de ce qui se passe dans le monde, analysent, font des commentaires dans les journaux et les forums. Sur certains sujets, ces personnes ont une opinion bien précise, bien définie. Mais connaissent-ils vraiment la réalité dont ils parlent ? Malheureusement non, le plus souvent. Je vois, je lis et j’entends de plus en plus ce que j’identifie comme étant un déni total de la réalité et ce déni est devenu de plus en plus fréquent avec le développement de l’information. Toutes ces personnes, ces sortes de « demi-savants », contribuent de mon point de vue aux difficultés et aux crises de nos sociétés ainsi qu’au sentiment d’impuissance qui se généralise. 

Qui est le « demi-savant » ? Il est celui qui sait, il est éduqué, il lit les journaux conformes à ses propres points de vues. Il pense appartenir à une sorte d’élite intellectuelle qui revendique son esprit critique et son imperméabilité aux propagandes contrairement, pense-t-il, aux ignorants et aux personnalités fragiles. La vérité est que ces personnes -comme tout le monde- n’ont pas une vision de la réalité dans toute sa complexité. Tout simplement d’abord parce qu’ils n’ont pas les moyens de la connaître, d’être sur le « terrain », de se confronter à tous ses aspects, à toutes ses vérités. Ensuite, là encore, comme tout le monde, ils regardent cette réalité à travers leurs filtres émotionnels et idéologiques, à travers leurs fantasmes, leur imaginaire, leurs préjugés et leurs certitudes. Ils vont critiquer et analyser la propagande de leurs camps adverses, sans même percevoir la manipulation dont ils sont eux aussi victimes. Ils ont le sentiment d’appartenir au monde de ceux qui savent contrairement à ce pauvre peuple ignorant. Ils appartiennent à cette catégorie que Christopher Lach nomme les talking classes.

Je ne veux pas exprimer de mépris ni de colère à l’encontre de ces « demi-savants ». J’aimerais simplement qu’ils puissent prendre conscience de leurs propres manipulations intérieures, de leurs erreurs de jugements, de ce simple fait qu’ils ne sont pas dans la capacité de regarder la réalité telle qu’elle est. Non pas, parce que ces personnes sont de « mauvaises » personnes, elles-mêmes méprisantes et volontairement inconscientes de leurs nuisances. Mais plutôt parce qu’elles sont comme toutes les autres personnes, en difficulté face à l’appréhension de la réalité. 

Ma pratique thérapeutique me l’a prouvé et montré maintes fois, toujours : tous les individus, y compris moi-même parfois, ont de grandes difficultés à appréhender la réalité, celle des autres ou même leur réalité propre. N’avons-nous pas tous du mal à voir nos parents tels qu’ils sont ? Ces « demi-savants » comme tout le monde, répétons-le, regardent le monde qui les entoure à travers des filtres émotionnels qu’ils ont progressivement construits sur les blessures de leur passé, à cause des violences qu’ils ont subi quelles qu’en soient les formes plus ou moins subtiles (l’humiliation, l’abandon, la culpabilité, la maltraitance physique ou psychologique). Il aura fallu à tous trouver le moyen de surmonter ses blessures pour survivre. Or nous le faisons en créant des images de nous-mêmes et des autres souvent déformées, parfois idéalisées ou au contraire diabolisées. 

Bien qu’il ne soit pas toujours évident de créer des analogies entre la psychologie individuelle et la psychologie collective, il n’en reste pas moins que ce phénomène -à savoir une distorsion de la réalité - existe aussi bien chez l’être individuel que dans les organisations collectives. Car les organisations collectives sont souvent perméables aux propagandes quand elles vont dans le sens de leur vision manichéenne des problèmes. Voilà comment des événements politiques nationaux et internationaux sont interprétés sans qu’il soit tenu suffisamment compte des réalités objectives. Des exemples ? Il suffit de constater la centralité du conflit entre les israéliens et les palestiniens par rapport à d’autres conflits, la désignation des bons et des méchants au gré des idéologies ou l’indifférence à des massacres commis par ceux qui sont désignés par avance comme des victimes, ou encore un racisme inconscient qui empêche de considérer l’horreur commise par des africains contre d’autres africains et qui attribue ces catastrophes  à des ennemis, à tous ceux qui font partie d’un panthéon personnel de boucs émissaires (les Francs-Maçons, les Sionnistes, l’impérialisme américain, les Illuminati, le Groupe de Bilderberg, etc.)

Pour survivre dans le monde, nous créons des images qui nous permettent de l’appréhender plus facilement. Et puis, exercer ce déni de réalité répond à des besoins importants. Cela répond à un besoin de sécurité tout d’abord, parce que cela permet de vivre entouré de repères, de se sentir moins perdu dans un monde fou et complexe. Cela répond à un besoin de reconnaissance également, en donnant un sentiment d’exister, de savoir, de ne pas faire partie des « ignorants ». Et finalement cela répond aussi à un besoin de lien, car de cette manière nous faisons partie d’un groupe de personnes qui pensent la même chose sur tel ou tel sujet, de faire « corps » dans le domaine des idées. 

La question reste : « ceux qui savent », savent-ils qu’ils sont eux aussi fragiles et manipulables, qu’ils doivent regarder en eux ce qui les empêche d’appréhender la réalité dans toute sa complexité ?

mercredi 3 août 2011

Conférence à Francfort / Vortrag in Frankfurt am Main

Mercredi 10 août 2011 de 10h à 18h

Landessportschule, Otto-Fleck- Schneise 4, 60528 Frankfurt am Main

Bundesverband Mediation
Www.bmev.de

samedi 28 mai 2011

Ah, l'affaire Strauss Kahn...

Si l’on met de côté les délires d’interprétations, les rumeurs, les mensonges et les théories du complot, qu’est-ce que nous apprend cette affaire ?
Elle nous apprend – nous rappelle ?- qu’il est vain de croire que nos dirigeants sont en meilleure santé mentale que nous, le bas peuple.
Chacun, chacune a sa part de folie qui se révèle ici au grand jour : politiques, journalistes, commentateurs…Une part de violence aussi et de méchanceté.
Apprenons à perdre nos illusions sur nos « maîtres » : une véritable vie démocratique consisterait à faire l’effort, quelle que soit notre place dans la société, de travailler à devenir plus conscients de nos limites et de nos faiblesses. A voir également autour de nous la richesse potentielle de tous ceux qui forment notre entourage, étroit et surtout large.
Mon expérience dans des lieux très divers en France et ailleurs m’a montré la folie ordinaire. Une folie qui est le résultat des souffrances endurées dans l’enfance comme le dit très justement Alice Miller.
Si nous voulons changer, il est temps de s’en occuper, maintenant, avant que l’irréparable ne surgisse sous la forme de violences inconnues ou de guerres civiles.
L’imprévisible est possible, pour le meilleur et pour le pire.

mercredi 25 mai 2011

Prochaines formations à Lyon

  • Une prochaine formation "Introduction" de cinq jours consécutifs aura lieu à Lyon du 16 au 20 novembre 2011
Descriptions, tarif, inscription et infos sur la formation "introduction"

  • Une nouvelle formation "Année de base" débutera également à Lyon de septembre 2012 à mai 2013 (pour cinq modules de cinq jours, soit 25 jours de formation)
Descriptions, tarif, inscription et infos sur la formation "année de base"
Le détail des dates pour chaque modules entre septembre 2012 et mai 2013

vendredi 29 avril 2011

Citation du jour...

« Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone, et cela reste vrai que l’on soit d’accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment »

George Orwell

mercredi 27 avril 2011

Avril au Rwanda



.................................. Le lac Kivu: un paradis tout près de l'enfer



Ces derniers jours, j'étais au Rwanda, pour continuer le travail entrepris l'année dernière...

Tous les mois d'Avril, pendant une semaine entière les rwandais commémorent le génocide des Tutsis. Ce souvenir est tellement vivace encore aujourd'hui que cette semaine nationale de deuil officiel est aussi une période où les rescapés et les bourreaux également "craquent"
: cauchemars à répétition, crises de nerfs, évanouissements, dépressions muettes...

C'est juste après le "mémorial" que je suis venu m'entretenir avec mes amis de l'association AMI et le professeur Isaïe Nyazenema qui crée avec d'autres collègues de l'université de Butare une nouvelle université dite des "Sources du Nil" qui a l'ambition d'apporter de l'innovation intellectuelle et pratique à ce pays qui a besoin de se relever de ses traumatismes et d'aborder le siècle avec courage et force. Chacun ici s'accorde à dire que le développement de ce petit pays qui veut devenir un "petit dragon" de l'Afrique de l'est en partenariat avec ses voisins ne pourra se faire sans le développement humain et la prévention des violences collectives.

La Thérapie Sociale dont une des spécificités est justement le travail en profondeur sur les haines et les violences leur semble très adaptée à cette nouvelle réalité. Une évaluation des premières formations a été réalisée par un groupe de sociologues et psychologues rwandais dirigé par Monsieur Simon Gasibirige. Elle met l'accent sur l'importance de cette approche dans une société malade (comme beaucoup d'autres en Afrique et ailleurs) et elle insiste sur la nécessité de former des leaders rwandais sur une grande échelle. Mon voyage avait pour but d'étudier avec ces partenaires les possibilités et les ressources nécessaires.


Cette photo date de janvier, période durant laquelle je suis retourné au Rwanda pour superviser les personnes que j'avais formées l'année précédente. C'est ainsi que j'ai accompagné Médiatrice (la bien nommée: c'est son vrai prénom, assez courant ici) dans plusieurs villages, où elle réunit pendant une matinée par mois les rescapés et les bourreaux sortis de prison après l'aveu de leur crimes (pendant des tribunaux populaires appelés "Gachaca" sur le modèle de ce qui s'est fait en Afrique du Sud après l'Apartheid).

Bourreaux et rescapés appartiennent aux mêmes communautés et vivent en voisins désormais dans les mêmes villages. Après les récits des souffrances vécus par les uns et les autres, on passe à l'expression des responsabilités, l'objectif de ce travail de Thérapie Sociale étant bien sûr la réconciliation mais aussi l'indemnisation pour les biens pillés pendant la période du génocide. Partage, écoute, pleurs, joie enfin d'être ensemble et projets communs de coopérative agricole, d'assistance mutuelle… Les plus émouvants sont les vieilles femmes qui ont tout perdu, mari, enfants, petits-enfants et qui prennent la main en pleurant des bourreaux qui pleurent aussi avec elles. Tout cela peut sembler au mieux miraculeux, au pire incroyable, mais c'est ce que j'ai vécu à chaque fois, dans plusieurs villages.

A suivre…

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lundi 11 avril 2011

Pourquoi ce blog?

L’identité nationale, la sécurité, la montée des extrémismes de tous bords, les révolutions arabes, la laïcité, la place des religions…

Sur toutes ces questions et de nombreuses autres, celles qui agitent les sociétés, je lis et j’entends beaucoup de points de vue très opposés et la plupart du temps, manichéens. 

Je vois trop, et partout, les conséquences de ces discours et de ces modes de pensée sur les citoyens : sentiment d’impuissance, violences, diabolisation de l’autre, cloisonnement et séparations des milieux, haines réciproques, nihilismes, dépression, solitude et égoïsme social… Les uns pensent qu’on parle trop de ces sujets et qu’on ferait mieux de parler de la paupérisation et du chômage ; les autres pensent qu’on n ‘en parle pas assez et qu’on nous cache l’ampleur du désastre.

Politiquement et pour la santé, la vitalité, d’un système qui se veut démocratique, il nous faut commencer ce travail de réappropriation du réel. Un travail qui consiste à distinguer les fantasmes et les idéologies de la réalité. 

Je ne possède pas la « vérité » et ne prétends pas asséner ma propre vision de cette réalité. En revanche, j’ai acquis une certaine connaissance de celle-ci, de sa complexité et des nombreuses vérités qui la constituent et qui sont trop souvent ignorées, peu écoutées ou encore, masquées. 

Comment l’ai-je acquis ? Comment puis-je prétendre en savoir un peu plus sur cette réalité ? Comment puis-je penser que l’acquisition d’une vision plus « juste », pour ne pas dire plus « réelle » de la réalité est à la portée de tous ? Comment puis-je penser également que c’est à partir de ce nouveau « regard » que nous pourrons commencer à lutter vraiment contre les violences, le sentiment d’impuissance et la dépression sociale ?
Depuis vingt ans, je pratique ce que j’ai appelé une « Thérapie Sociale ». A travers ce travail et ces nombreuses expériences en France et dans de nombreux pays, j’ai « appris » la réalité et aidé toutes ces personnes paralysées ou violentées par des peurs, des violences ou des désespérances à se réapproprier également leur réalité, hors des fantasmes, des idéologies simplificatrices et des masques personnels et sociaux. Ensemble, nous avons fait circuler l’information pour faire émerger une certaine puissance politique et une intelligence collective. 

Alors, oui, j’ai des choses à dire sur ces nombreux sujets. J’ai une pensée à transmettre,  soutenu par toutes ces paroles anonymes, ces paroles qui au cours d’un lent processus deviennent  un peu plus « vraies » et racontent sans masques et en toute réalité, le monde d’aujourd’hui. 

Et puis, je veux inverser la tendance…Une tendance à l’impuissance ou en tout cas au sentiment d’impuissance des citoyens qui ont perdu confiance dans leurs élites intellectuelles et politiques.  L’enjeu pour moi est que nous puissions tous sortir de cette impuissance pour devenir des citoyens actifs et conscients.
Je suis avant toute chose un citoyen passionné par la chose publique et je souhaite une meilleure évolution de la vie démocratique qui saurait inclure les débats, les conflits et l’éclairage des points de vue antagonistes. 

Soyez les bienvenus ici !


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