L'actualité vue par Charles Rojzman et toute l'actualité de la Thérapie Sociale
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mercredi 1 mai 2013
mercredi 10 avril 2013
CAHUZAC ET MOI
L’affaire Cahuzac hante en ce moment les
medias et l’opinion publique. Qu’en pense le citoyen et le
psychothérapeute que je suis ? Quel est le point de vue de la Thérapie
Sociale que je représente ?
Dans ce matin de printemps hivernal, les arbres que j’aperçois de ma fenêtre sont dénudés désespérément, comme engourdis par le froid. Quelques timides chants d’oiseaux tentent de nous faire croire que la belle saison est proche.
Mais que de désillusions dans le monde ! Le printemps arabe n’est plus. Le processus de paix au Moyen-Orient piétine. La guerre est à nos portes : l’Iran, la Corée, le Mali… Sans parler des conflits meurtriers et invisibles un peu partout en Afrique. Chez nous, le chômage, le chaos prévisible. Où en sommes-nous ? Il semblerait que nous vivions au bord d’un abîme, sans le percevoir réellement, nous aussi engourdis par le froid de ce printemps qui n’arrive pas.
Vers quoi, vers qui porter notre confiance ? Il semblerait que rien ni personne ne puisse générer l’espoir d’un avenir meilleur. La tentation est grande de se raccrocher à des mystiques exotiques ou d’essayer de la psychologie positive : ne pas regarder ce qui va mal, mais plutôt ce qui va bien.
Que m’apprend mon travail quotidien ? Que c’est au contraire l’acceptation de l’existence du Mal qui permet d’avancer, de progresser. Que nous ne sommes pas des êtres parfaits et toujours lumineux. Que nous ne sommes pas des saints ou des héros, vierges de toute violence, de toute compromission.
Le combat contre le Mal, qu’il se nomme corruption, cruauté, lâcheté, mensonge, trahison passe par la reconnaissance que nous ne sommes pas indemnes de ce Mal-là.
Le danger ultime serait de croire que nous ne sommes pas faits de ce bois humain qui brûle et peut porter l’incendie.
Alors Cahuzac ? Eh bien, Cahuzac, c’est moi. Et je ne dois jamais l’oublier. Si l’on m’offrait sur un plateau d’argent le Pouvoir, ce poison délicieux qui peut parfois s’accompagne d’une promesse d’impunité, que serai-je face à la tentation ? Je me dis que je ne dois jamais oublier à quel point je suis faible et faillible.
Bien sûr je ne dois pas oublier non plus ma force et mes vertus mais je sais que je ne pourrai participer à la création d’un monde meilleur pour mes enfants et descendants que si je reste en permanence conscient que je suis partie prenante du Bien et du mal, certainement pas innocent et toujours responsable de ce qui se fait en moi, avec moi et autour de moi.
L’affaire Cahuzac me rappelle à l’ordre. Je ne peux croire que seuls les puissants de ce monde risquent de perdre leur âme et de chuter dans les abimes de la dépravation morale. Je ne veux pas chercher refuge dans les haines vindicatives qui recherchent des boucs émissaires. Je dois continuer la route avec moi-même, mes proches et tous ceux qui me font l’honneur de me confier dans le secret des groupes ou de mon cabinet les abimes et les hauteurs de l’âme humaine dans une époque à la fois déroutante, inquiétante et fascinante.
Dans ce matin de printemps hivernal, les arbres que j’aperçois de ma fenêtre sont dénudés désespérément, comme engourdis par le froid. Quelques timides chants d’oiseaux tentent de nous faire croire que la belle saison est proche.
Mais que de désillusions dans le monde ! Le printemps arabe n’est plus. Le processus de paix au Moyen-Orient piétine. La guerre est à nos portes : l’Iran, la Corée, le Mali… Sans parler des conflits meurtriers et invisibles un peu partout en Afrique. Chez nous, le chômage, le chaos prévisible. Où en sommes-nous ? Il semblerait que nous vivions au bord d’un abîme, sans le percevoir réellement, nous aussi engourdis par le froid de ce printemps qui n’arrive pas.
Vers quoi, vers qui porter notre confiance ? Il semblerait que rien ni personne ne puisse générer l’espoir d’un avenir meilleur. La tentation est grande de se raccrocher à des mystiques exotiques ou d’essayer de la psychologie positive : ne pas regarder ce qui va mal, mais plutôt ce qui va bien.
Que m’apprend mon travail quotidien ? Que c’est au contraire l’acceptation de l’existence du Mal qui permet d’avancer, de progresser. Que nous ne sommes pas des êtres parfaits et toujours lumineux. Que nous ne sommes pas des saints ou des héros, vierges de toute violence, de toute compromission.
Le combat contre le Mal, qu’il se nomme corruption, cruauté, lâcheté, mensonge, trahison passe par la reconnaissance que nous ne sommes pas indemnes de ce Mal-là.
Le danger ultime serait de croire que nous ne sommes pas faits de ce bois humain qui brûle et peut porter l’incendie.
Alors Cahuzac ? Eh bien, Cahuzac, c’est moi. Et je ne dois jamais l’oublier. Si l’on m’offrait sur un plateau d’argent le Pouvoir, ce poison délicieux qui peut parfois s’accompagne d’une promesse d’impunité, que serai-je face à la tentation ? Je me dis que je ne dois jamais oublier à quel point je suis faible et faillible.
Bien sûr je ne dois pas oublier non plus ma force et mes vertus mais je sais que je ne pourrai participer à la création d’un monde meilleur pour mes enfants et descendants que si je reste en permanence conscient que je suis partie prenante du Bien et du mal, certainement pas innocent et toujours responsable de ce qui se fait en moi, avec moi et autour de moi.
L’affaire Cahuzac me rappelle à l’ordre. Je ne peux croire que seuls les puissants de ce monde risquent de perdre leur âme et de chuter dans les abimes de la dépravation morale. Je ne veux pas chercher refuge dans les haines vindicatives qui recherchent des boucs émissaires. Je dois continuer la route avec moi-même, mes proches et tous ceux qui me font l’honneur de me confier dans le secret des groupes ou de mon cabinet les abimes et les hauteurs de l’âme humaine dans une époque à la fois déroutante, inquiétante et fascinante.
vendredi 1 février 2013
15 février conférence à Philadelphie
Je serai en conférence à Philadelphie, Etats-Unis, le 15 février, en collaboration avec I.D.E.A.L. Office of
Institutional Diversity, Equity, Advocacy and Leadership, Temple
University.
http://www.temple.edu/ideal/ TSTSymposium.html
GRADUATE CERTIFICATE IN DIVERSITY LEADERSHIP
Advancing Multicultural, Intercultural, and Intergroup Relations through Dialogue and Action
CERTIFICATE AWARD CEREMONY AND SYMPOSIUM
DIVERSITY LEADERSHIP THROUGH TRANSFORMATIONAL SOCIAL THERAPY: THEORY AND APPLICATION
Friday, February 15, 2013 8am to 1pm
Temple University, Howard Gittis Student Center, Room 217AB 1755 N. 13th Street, Philadelphia, PA 19122
http://www.temple.edu/ideal/CertificateinDiversityLeadership.html
http://www.temple.edu/ideal/
GRADUATE CERTIFICATE IN DIVERSITY LEADERSHIP
Advancing Multicultural, Intercultural, and Intergroup Relations through Dialogue and Action
CERTIFICATE AWARD CEREMONY AND SYMPOSIUM
DIVERSITY LEADERSHIP THROUGH TRANSFORMATIONAL SOCIAL THERAPY: THEORY AND APPLICATION
Friday, February 15, 2013 8am to 1pm
Temple University, Howard Gittis Student Center, Room 217AB 1755 N. 13th Street, Philadelphia, PA 19122
http://www.temple.edu/ideal/CertificateinDiversityLeadership.html
mardi 22 janvier 2013
Mes vœux pour 2013 et les années suivantes?
Voici ce
qui me paraît vital pour les années à venir : il nous faut d’urgence apprendre
individuellement et collectivement à assumer notre humanité.
Deux
illusions ont marqué le siècle précédent : le projet révolutionnaire, qui n’a
pas voulu ou pu tenir compte des passions humaines et qui, dans bien des cas,
s’acheva de façon sanglante, et le projet de développement personnel, qui oublia
l’importance décisive de l’environnement social, économique et politique.
Certes, de part et d’autre, il y eut et il y a encore des réalisations
effectives à porter à leur acquis : bon nombre de personnes furent sauvées du
désespoir ou de l’autodestruction par la psychothérapie ou d’autres formes de
cheminement intérieur et personnel. Les luttes collectives ont permis des
libérations et l’ouverture d’horizons. Malgré tout, en ce début de XXIème
siècle, il semble que des dangers nouveaux apparaissent, comme le terrorisme de
masse, les tentations totalitaires et fondamentalistes, le règne du profit dans
lois et l’épuisement des ressources naturelles. L’homme et la planète sont en
danger.
Une
guérison collective est nécessaire qui tiendrait compte à la fois du besoin de
transformation personnelle et du besoin de transformation des structures
sociales. Dans cette direction, mes nombreuses expériences de Thérapie Sociale
en France et à l’étranger m’ont permis d’identifier trois défis principaux pour
le siècle qui commence : former les personnes qui devront accompagner les
processus de réconciliation et de guérison collective, éduquer à la vie
démocratique pour faire face aux tentations totalitaires, transformer la
violence et la folie qui font obstacle à une vie collective épanouissante.
La Thérapie
Sociale répond, la plupart du temps, à des situations d’urgence, mais comment ne
pas voir que ce que favorise ce travail, à savoir la créativité, la confiance en
soi, l’autonomie et la gestion des conflits, fait partie aujourd’hui des
objectifs qui doit se donner une démocratie faible, qui a besoin de se fortifier
pour résister aux tentations du communautarisme, du tribalisme et d’une forme ou
une autre de totalitarisme ?
En effet
une démocratie faible, qui ne favorise pas le dialogue conflictuel et donne aux
citoyens un sentiment d’impuissance, crée beaucoup de désordres, d’inégalités et
d’injustices. Si les citoyens ne sont pas formés à la vie démocratique et en
mesure de « savoir vivre ensemble », le danger est grand qu’ils aspirent à des
solutions radicales et exclusives. Le totalitarisme n’est pas seulement un
régime, il est aussi une attitude qui consiste à répondre aux souffrances vécues
par la nostalgie d’une société parfaite, débarrassée du mal définitivement.
mercredi 2 janvier 2013
samedi 27 octobre 2012
Rdv le 1er décembre pour une conférence à l'Ile de la Réunion
Je parlerai le 1er décembre à la conférence TED de l'Ile de la Réunion, organisée par Yves Mathieu.
Les conférences TED (Technology Entertainment Design) ont été créées dans les années 80 à Monterey, en Californie, par un groupe de créatifs réunis en une ASBL. Leur idée : confronter en un jour des esprits brillants, innovants, créatifs, réaliser un bouillon d’idées neuves. On y entend aussi bien des politiciens (Clinton, Gore), des grands scientifiques que des artistes (Bono, Peter Gabriel). Chaque participant vient gratuitement et parle 18 minutes, ni plus ni moins, un temps calculé pour une écoute maximale. Il n’y a pas de débats mais des pauses pendant lesquelles les orateurs se mêlent au public.
Les conférences TED (Technology Entertainment Design) ont été créées dans les années 80 à Monterey, en Californie, par un groupe de créatifs réunis en une ASBL. Leur idée : confronter en un jour des esprits brillants, innovants, créatifs, réaliser un bouillon d’idées neuves. On y entend aussi bien des politiciens (Clinton, Gore), des grands scientifiques que des artistes (Bono, Peter Gabriel). Chaque participant vient gratuitement et parle 18 minutes, ni plus ni moins, un temps calculé pour une écoute maximale. Il n’y a pas de débats mais des pauses pendant lesquelles les orateurs se mêlent au public.
Un monde de gentils et de méchants
Qui sont les gentils ? Qui sont les méchants ? C’est en ces termes-là que la réalité du
monde est simplifiée, voire même trop souvent ignorée. On dit qu’il y a des
musulmans gentils- « la masse des musulmans qui vivent leur religion dans
le calme et la sérénité »- et des musulmans méchants- les
fondamentalistes, les radicaux et les terroristes. Les rebelles syriens sont
des gentils qui combattent le méchant Assad et sa clique. Le gentil Assad
défend son peuple contre les méchants rebelles, armés et financés par la CIA et
le Mossad qui sont des méchants. Les banques sont méchantes qui veulent le
malheur des peuples ou restent indifférentes à leur sort. L’ennui est que les
gentils et les méchants ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Parfois même,
ça se complique : le gentil Obama a succédé au méchant Bush et puis le
gentil est devenu un méchant qui fait la guerre en Afghanistan ou plutôt c’est
une gentille marionnette manipulée par des méchants de l’ombre.
Mais
comment décide-t-on qui est gentil et qui est méchant ? Ce n’est pas une
pensée libre qui décide, qui accepte de ne pas juger quand elle ne sait pas
vraiment, qui tient compte de la complexité du monde et de ses enjeux, mais une
idéologie manichéenne, forgée très tôt dans l’enfance des individus, leur
relation à l’autorité, les blessures narcissiques subies ou l’histoire
collective de leur groupe d’appartenance. Les uns s’identifient aux faibles et
aux victimes supposées et haïssent les puissants qui les manipuleraient comme
ils ont été manipulés eux-mêmes par
leurs parents, en rejetant leur héritage social et en valorisant systématiquement le dominé et l’opprimé, du
moins tel à leurs yeux.. Les autres, maltraités par des parents autoritaires et
violents, évacuent leur haine sur des boucs émissaires. Toutes ces blessures d’enfants
maltraités, humiliés ou abandonnés, toutes les blessures de l’humiliation et de l’échec
collectifs, telles qu’elles s’expriment, par exemple, dans le monde
arabo-musulman ou dans les banlieues françaises, créent des ressentiments, des frustrations et
en conséquence une violence verbale qui s’exprime sur le mode accusatoire,
complotiste ou victimisant.
Bien
sûr, journalistes, politiciens ou militants
n’utilisent pas les mots des enfants : gentils et méchants, mais ils
ont leur propres codes qui disent en fait la même chose en décrivant des
réalités angéliques ou diaboliques. De
plus, l’imaginaire manichéen du monde intérieur
de chacun est manipulé par les propagandes qui connaissent bien la séduction de cette
division du monde entre le Bien et le Mal.
Ce n’est
pas la connaissance de la réalité qui importe aux propagandistes et à leurs
récepteurs mais l’émotion qu’on souhaite susciter ou que l’on ressent ainsi que
le sentiment de sécurité qu’offre la certitude.
Pour les
propagandistes, les coupables sont invariablement les mêmes, sans que soit
posée la question des interactions entre les uns et les autres. En lisant leurs
écrits ou leurs témoignages visuels, on sait déjà où se situent le bien et le
mal, même si l’auteur n’est pas forcément expert sur le sujet.
Les récepteurs des propagandistes choisissent leur camp et c’est ainsi qu’on peut prédire les opinions les plus extrêmes, même quand elles s’expriment uniquement dans le cercle des proches. Ainsi le geste d’un Andres Brevik comme celui d’un Mohammed Merah sont approuvés par une masse de gens beaucoup plus importante qu’on ne le dit. Même si le crime paraît abominable, l’intention est approuvée pour l’un par ceux qui se disent écrasés et dominés par les manigances des puissants, des juifs en particulier "qui ont tout alors qu’on a rien" et pour l’autre par ceux qui observent avec colère "les méfaits d’une immigration musulmane qui ne respecte pas les codes et les normes du pays d’accueil. " Ainsi, la pensée manichéenne se répand et divise en camps irréductibles. Ce qui est la condition nécessaire, mais espérons-le pas suffisante, pour de futures guerres civiles.
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